Philosophie

  • Les Nietzschéens et leurs ennemis : pour, avec et contre Nietzsche Nouv.

    Nietzsche aura été le philosophe du siècle. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Retournant contre le prophète de Dionysos le marteau philosophique que lui-même employait pour ébranler les idoles, Pierre-André Taguieff livre avec acuité, verve et élégance une relecture inédite, iconoclaste et critique de l'histoire de la pensée contemporaine, de ses incohérences et de ses abîmes. Il explore le vaste continent des écrits nietzschéens et antinietzschéens qui continuent d'inspirer et de diviser les philosophes, les écrivains et les artistes, notamment face à la question de la décadence et à celle du nihilisme.
    Comment comprendre la fascination récurrente exercée par Nietzsche et sa pensée ? Qu'ont en commun les nietzschéens de droite et les nietzschéens de gauche ? Pourquoi puisent-ils au même fond de métaphores, de paraboles, d'images survoltées pour les surinterpréter ? Comment comprendre cette bataille d'appropriations qui semblent contradictoires mais qui se rejoignent souvent dans le même culte de la force et de la destruction ?
    Cet essai est déterminant pour lever nos cécités sur le plus enthousiasmant et le plus aveuglant des philosophes. Un exercice de lucidité qui marque un tournant dans la pensée française et européenne.

  • Relire le relié Nouv.

    Relire le relié

    Michel Serres

    • Pluriel
    • 21 Avril 2021

    Le dernier livre de Michel Serres, consacré à repenser la religion, et qui vient clore l'aventure de sa pensée.
    « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? ».
    Michel Serres

  • Vie extraterrestre, expériences de mort imminente ?... Pluralité des mondes ? La vraie philosophie, parce qu'elle demeure ouverte à toutes les questions, toutes les possibilités, n'est jamais très éloignée de la science-fiction. C'est ce que démontre Jean-Marc Ferry dans ce livre unique, qui plaira à ceux qui aiment penser hors des limites. Qu'est-ce que la physique contemporaine nous apprend sur l'espace et sur le temps ? Que faire des vérités dites « contre-intuitives » qui heurtent le sens commun, mais qui résistent et s'appuient tout de même sur le réel ?
    Un enjeu direct est de procurer à l'entendement un horizon d'intelligibilité. Peut-être y va-t-il même d'une libération de l'esprit face aux assignations de l'espace et du temps : de l'espace qui impose à nos corps un lieu juxtaposé, du temps qui de nos existences ne fait qu'un moment.
    Réunir ce qui est séparé, montrer ce qui est caché à nos yeux : voilà le défi de Jean-Marc Ferry qui enquête sur les forces de la vie autant que sur l'énigme de la mort.

  • Thomiste à ses yeux, néothomiste pour les puristes, Maritain est connu surtout pour son oeuvre politique. On connaît moins son esthétique, qui s'ouvre en 1920 avec un premier livre enraciné dans les options aristotéliciennes des Scolastiques. Cette première réflexion se prolonge sur quarante ans d'une enquête approfondie. D'une théorie de l'art il va passer à une psychologie de l'art et de la création travaillée par deux notions centrales : la poésie et la raison. « Y a t-il une solution vraiment philosophique au débat de la raison et de la poésie ? Peut-on montrer que, malgré tout, la poésie et l'intelligence sont de même race et de même sang, et s'appellent l'une l'autre ? » voilà la question qu'il cherche à résoudre. Il lui faut rendre compte de l'acte ou du procès créateur, et affronter la notion d'inspiration. C'est ainsi qu'il va élaborer une « topique » de l'inconscient bien distincte de celle de Freud, avec l'idée d'un inconscient spirituel à la racine unique de toutes les activités humaines, capable de rendre compte de l'activité créatrice, de sa singularité et de sa spécificité. Cette philosophie de la création poétique s'élargit en une philosophie de histoire de l'art qui essaie de restituer la signification des principaux événements de l'histoire littéraire, en particulier le « moment Baudelaire ». Une esthétique ambitieuse qui est aussi un « chemin de poésie et de raison », selon l'heureuse et perspicace formule de Max Jacob.

  • En ces temps de crise, choisir la douceur comme arme de combat. Un essai engagé et iconoclaste pour un monde meilleur.

    Un homme de conviction. Grand témoin de notre époque, Jean-Claude Guillebaud est un écrivain engagé. Dans cet essai commencé durant le confinement, achevé alors que Beyrouth se retrouvait sous les gravats, il pose son regard acéré sur ces temps de crise que nous traversons. Alors que nos sociétés contemporaines valorisent le « je » plutôt que le « nous », l'individualisme plutôt que le collectif, Jean-Claude Guillebaud en appelle à l'entraide contre la loi du plus fort. La douceur, ce mot lumineux, laisse espérer un autre monde. Tout peut encore arriver, même le meilleur.

  • Autrement que Félix Guattari et Arne Naess, qui ont employé ce terme, Jean-Yves Leloup nous introduit ici à cette écologie intégrale qu'il appelle écosophie. Elle intègre en effet l'écologie rationnelle et scientifique, l'écologie instinctive ou chamanique, l'écologie intuitive ou non dualiste et l'écologie affective et religieuse ou écologie sacrée. Changer notre regard sur nous- mêmes et notre environnement est le préalable à tout désir de préserver ou de changer le monde.
    Aux regards de la politique, de l'économie, de la science et de la philosophie, il faut joindre celui de la contemplation et de la Philocalie ; Rumi et François d'Assise ont été les précurseurs de cette écosophie qui respecte, prend soin de la nature et en célèbre la beauté - l'Être infini y est manifesté et caché.

  • Nos relations avec les animaux ont depuis toujours donné lieu à des points de vue passionnés et passionnants. C'est que la question animale n'est pas une question comme les autres car elle nous oblige à prendre du recul par rapport à ce qui constitue le propre de l'homme. De plus, c'est l'une des plus anciennes questions qui préoccupe l'humanité en tant qu'elle est très présente dans l'Ancien et le Nouveau Testament à travers tous les récits fondateurs du judaïsme tout comme du christianisme.
    Cet ouvrage démontre que le christianisme apporte un regard entièrement nouveau sur l'animal. Une telle révolution culturelle se trouve précisément au coeur de la vie et de la pensée de celui qui incarne comme personne cette transformation historique : François d'Assise.
    Or, force est de constater qu'aucun ouvrage de langue française n'avait été consacré jusqu'à présent à une présentation d'ensemble des grands moments de la vie de François d'Assise dans ses liens avec les animaux. Ce livre vient combler ce manque en offrant une explication approfondie de ce que son auteur nomme la pensée franciscaine de l'animalité afin de montrer en quoi celle-ci apparaît bien dans sa beauté même comme à l'origine de l'éthique animale contemporaine. Il annonce aussi ce que pourraient être de nouvelles relations avec les animaux, c'est à dire avec ceux que François d'Assise nomme explicitement nos frères.

    Ce n'est donc à rien de moins qu'à une révolution éthique que nous introduit cette pensée franciscaine de l'animalité présentée dans ce livre de référence novateur et inédit.

  • « Pascal, écrit Bernard Grasset, un scientifique devenu mystique, un contempteur des philosophes et des poètes devenu maître de sagesse et artiste souverain du langage. Chez lui tout nous étonne et nous fascine, tout nous conduit hors des sentiers convenus. » Pascal est une des figures les plus originales et géniales de la littérature française. Ses Pensées sont parmi les textes les plus cités, souvent de travers. Mais qui connaît ses autres écrits : ses lettres mais aussi ses textes scientifiques, spirituels, philosophiques ou polémiques ?
    Selon l'esprit de la collection Ainsi parlait, ce petit ouvrage vise à faire découvrir de manière facile et agréable l'ensemble des facettes de ce véritable météore de la littérature. Un homme moderne par son esprit profondément scientifique et par ses angoisses existentielles. Héritier de Montaigne et précurseur de Leopardi, Nietzsche ou Kierkegard, Pascal a une place essentielle dans la pensée européenne.
    Son écriture est unique par son intensité, sa limpidité et son élégance. Homme de contrastes, Pascal allie une extrême intelligence avec une vive sensibilité, raison et émotion, esprit de géométrie et esprit de finesse. Volontaire, esprit indépendant, il témoigna d'une longue patience dans la souffrance.
    Savant mathématicien, il garde le sens pratique, reste attentif au concret. Son aventure intellectuelle et spirituelle nous touche par sa liberté, sa fulgurance et son incandescence.

  • Virusland

    Pierre Cassou-Noguès

    • Cerf
    • 15 Octobre 2020

    La réalité ressemble à un film parce que notre monde se modèle désormais sur la fiction. Telle est, pour Pierre Cassou-Noguès, l'une des leçons de la pandémie et du confinement.
    Virusland ne désigne pas une région du globe, mais une forme de vie qui se propage par contagion. Quitte à muter localement, elle touche indistinctement les régimes politiques, renvoie à une science qui se prétend univoque, modifie nos gestes, nos habitudes, notre rapport aux corps, au « normal », au moral et à l'immoral. Fondée sur l'image d'une guerre contre un ennemi invisible, elle nourrit un sentiment de peur et d'étrangeté que redoublent la restriction drastique de nos libertés et les appareillages toujours plus complexes de surveillance, de communication et de distraction.
    Recourant aux oeuvres classiques et futuristes, tenant avec humour et profondeur, le journal d'un Robinson contemporain, Pierre Cassou-Noguès interroge le mauvais rêve dans lequel nous avons été plongés pour savoir s'il n'est pas promis à devenir notre quotidien.
    Un exercice époustouflant de philosophie qui se lit comme un roman.

  • Voici quelques moments majeurs de notre pensée philosophique, de Socrate ou Kant jusqu'à Camus, en passant par Montaigne, Dante, ou encore Nietzsche et Edith Stein.
    Comme à l'école buissonnière, on y croisera de célèbres figures de la philosophie, mais sous un jour inattendu : une lettre de condoléances, un amour éperdu, le cachot d'un condamné à mort, un souvenir de Méditerranée, ou une missive au Président de la République. Sans transpirer l'érudition, « sans prise de tête », chacun de ces penseurs se rend amical, pour entraîner le lecteur sur des chemins de traverse.
    On y entre avec tendresse, on se heurte ensuite à la puissance d'une grande pensée, avant de s'engager sur la pente douce qui mène jusqu'au terme. Comme en promenade, le lecteur se retourne alors, étonné du chemin parcouru, fier de la difficulté surmontée, enrichi d'une pensée de grand style.
    Avec simplicité, on espère ainsi rendre la vérité aimable.

  • Considérons le sport en tant que processus d'humanisation. Nous ne serions pas les hommes que nous sommes s'il n'y avait pas eu au début le contrat, le lien social, matérialisés par le ballon, ce traceur de relations - viennent ensuite les décisions juridiques prises par l'arbitre. L'idée que la violence puisse être régie par des règles strictes auxquelles tout équipier obéit est l'hominisation par excellence. Arrêter le geste de violence, comme Dieu arrête le bras d'Abraham sur Isaac, c'est cela qui donne naissance à l'humanité.
    Quant au spectateur de cette scène incroyablement politique et religieuse, il peut apprendre sur le stade, comme dans une faculté de droit, le collectif sans texte, la tragédie sans texte et le droit sans texte. Il y a là, en modèle réduit, tout ce que l'on peut souhaiter en pédagogie des sciences humaines.

    Michel Serres compte parmi les rares philosophes sportifs. Son éloge du sport est fondé, sa philosophie du sport est incarnée. L'enseignant qu'il a été confère à l'éducation physique des vertus pédagogiques spécifiques et efficientes pour contribuer à faire de la jeunesse des adultes au corps sain et à la tête bien faite, selon les mots de Montaigne. Dans le sport se jouent notre modèle de société, notre rapport au corps et à la technique.

  • Comment être heureux ensemble ? Dans une société de plus en plus individualiste, comment atteindre l'harmonie avec nos semblables alors que nous autres « animaux politique s», nous sommes condamnés à évoluer en son sein ? A travers les siècles, l'homme n'a cessé de poser des cadres plus ou moins idéaux pour garantir l'épanouissement de chacun au sein du collectif. Comme tout cadre, celui-ci est régulièrement questionné. Plongeons-nous avec humour dans les pensées philosophiques nous guidant vers un meilleur « vivre ensemble » Pas moins de dix philosophes de l'Antiquité au 20ème siècle (Aristote, Hobbes, Spinoza, Diderot, Montesquieu, Tocqueville, Mill, Thoreau, Sartre et Arendt...) se succèdent pour nous présenter leur programme bonheur avec effets immédiats sur le quotidien. Et si le bonheur, c'était les autres ?

  • De la vraie vie

    François Jullien

    Un soupçon s'est insidieusement levé, un matin : que la vie pourrait être tout autre que la vie qu'on vit. Que cette vie qu'on vit n'est plus peut-être qu'une apparence ou un semblant de vie. Que nous sommes peut-être en train de passer, sans même nous en apercevoir, à côté de la « vraie vie ».

    Car nos vies se résignent par rétractation des possibles. Elles s'enlisent sous l'entassement des jours. Elles s'aliènent sous l'emprise du marché et de la technicisation forcée. Elles se réifient, enfin, ou deviennent « chose », sous tant de recouvrements.

    Or, qu'est-ce que la « vraie vie » ? La formule, à travers les âges, a vibré comme une invocation suprême. De Platon à Rimbaud, à Proust, à Adorno.

    La « vraie vie » n'est pas la vie belle, ou la vie bonne, ou la vie heureuse, telle que l'a vantée la sagesse.

    Elle n'est surtout pas dans les boniments du « Bonheur » et du développement personnel qui font aujourd'hui un commerce de leur pseudo-pensée.

    La vraie vie ne projette aucun contenu idéal. Ce ne serait toujours qu'une redite du paradis. Elle ne verse pas non plus dans quelque vitalisme auto-célébrant la vie.

    Mais elle est le refus têtu de la vie perdue ; dans le non à la pseudo-vie.

    La vraie vie, c'est tenter de résister à la non-vie comme penser est résister à la non-pensée.

    En quoi elle est bien l'enjeu crucial - mais si souvent délaissé - de la philosophie.

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  • Comment parler de Dieu quand les hommes se prennent pour Dieu

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  • Dans une perspective philosophique, l'ouvrage interroge dans un premier temps les grands thèmes que la psychologie et la sociologie développent à propos du deuil : de quoi fait-on le deuil ? Comment se vit une telle épreuve ? Comment le deuil est-il ritualisé aujourd'hui ? La seconde partie qui, du point de vue méthodologique, exploite principalement les ressources de la phénoménologie, tente de dégager ce que le deuil nous enseigne à propos de ce que nous sommes en tant qu'être humain. Si les deuils sont le plus souvent douloureux, c'est parce qu'ils mettent en échec les trois désirs qui nous portent dans l'existence : les désirs de toute-puissance, de fusion et d'une vie où tout est dû. Mais dans le même instant, il nous révèle sans fard, comme un être qui se caractérise par la finitude, la solitude et l'incertitude. Vivre un deuil, c'est mourir à ce que l'on n'est pas pour tenter de se réconcilier avec ce que la vie à fait de nous.

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